Fukushima vu par un Tokyoïte
Nombreux sont les Japonnais que nous rencontrons lors de notre voyage. Il devient logiquement inévitable d’aborder l’épisode Fukushima dans les discussions. Nous avons donc eu l’envie de vous faire partager le témoignage d’un Tokyoïte sur ce tragique événement, d’apporter un point de vue différent de celui proposé par les médias.
Le tremblement de terre
Revenons d’abords sur l’évènement. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre d’une magnitude de 9,2 sur l’échelle de Richter est survenu au nord-est du Japon, soit le séisme le plus important jamais enregistré dans le pays. Tout le pays trembla durant deux à trois minutes, jusqu’à faire violemment tanguer les immeubles de Tokyo.
Epicentre du séisme
« On a beau être entrainé depuis tout petit à se protéger lors d’un tremblement de terre, quand un tel que celui-ci survient, on ne sait plus quoi faire, c’est la panique qui prend le dessus » nous raconte Keita, un jeune Tokyoïte de 26 ans qui est venu en Australie seulement quelques semaines après l’évènement.
Dix minutes plus tard, un Tsunami atteint la côte pacifique du Japon avec des vagues atteignants 38 mètres de hauteur. Celles-ci ont parcouru les terres intérieures sur plus de 10 km, ravageant près de 600km de côtes. Cette double catastrophe a fait état de plus de 23000 morts, ce qui en fait l’un des plus puissants séismes meurtrier de l’histoire de la planète.
La centrale de Fukushima
Ce tragique événement a surtout eu pour lourde conséquence d’endommager quatre des quinze centrales nucléaires que compte le Japon, et notamment celle de Fukushima Daiichi, qui laissa échapper une grande quantité de particules radioactives. L’accident fut classé niveau 7/7 sur l’échelle INES, soit au même niveau que Tchernobyl.
« Le gouvernement et les médias nous assuraient qu’on était en sécurité au delà d’un rayon de 50km, mais on savait très bien que même Tokyo, qui se situe à 230km de la centrale, était touché » nous avoue Keita avec désarroi. Il en veut au gouvernement japonnais, qui selon lui n’a pas sût réagir face à cette catastrophe et qui ose affirmer maintenant qu’il n’y aura aucun « impact sanitaire ».
Keita nous explique les premières conséquences radioactives « Durant les semaines qui ont suivies, on n’avait plus le droit de boire de lait, ni manger de légume frais, et l’utilisation de l’eau courante était déconseillée. Nous n’avions pratiquement droit qu’à des aliments importés »

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La semaine suivant la catastrophe fut également rythmée par de très nombreuses répliques, « jusqu’à douze par jour » ajoute Keita. Tous les Tokyoïtes recevaient une alerte sur leur téléphone portable une minute avant chaque réplique. « On ne pouvait même pas se mettre en pyjama, ou faire quoi que ce soit, on devait être prêt à évacuer 24 heures sur 24, c’était invivable » nous explique Keita qui a pourtant vécu un nombre incalculable de tremblement de terre dans sa vie du fait de la situation géographique de son pays.
La situation tectonique du Japon
Le Japon est en effet situé dans une zone de subduction, à la rencontre de quatre plaques tectoniques. Un cinquième des séismes d’une magnitude égale ou supérieure à 6 (sur l’échelle de Richter) recensés dans le monde surviennent au Japon. Le risque de Tsunamis se trouve donc très élevé. Ce qui en fait un des pays au monde les plus instable. Un paradoxe puisqu’il se classe pourtant au 3e rang des pays producteurs d’électricité nucléaire dans le monde (après les États-Unis et la France) totalisant 46 réacteurs répartis sur tout le pays. Le risque est d’autant plus grand que la plupart de ces centrales ont été prévu pour résister à des séismes de seulement 7,2, et celle de Fukushima Daichi était protégée uniquement contre des vagues de 5,2m, celles du 11 mars ayant dépassé les 14m.
La politique énergétique du Japon
Malgré la telle fragilité de son parc nucléaire, le Japon avait tout de même comme objectif d’augmenter sa part de production d’énergie atomique de 27 à 50%. Quatorze projets de nouveaux réacteurs étaient en cours.
Evidemment tout cela a complètement changé depuis ce drame, et d’après le premier ministre Japonais, Yoshihiko Noda, le Japon va « repartir d’une page blanche et présenter d’ici à l’été prochain un nouveau plan énergétique à l’horizon 2030 », en tentant de « réduire autant que possible la part de l’électricité d’origine atomique ». L’épisode Fukushima a amené de nombreux pays à revisiter leur politique énergétique, ou la sureté de leur parc nucléaire. Il faut malheureusement toujours qu’un drame survienne pour que les autorités prennent des mesures concrète sur des problèmes pourtant connus de tous. Le Japon quant à lui à prévu de développer le solaire, l’éolien ou encore la biomasse pour atteindre 30% de production provenant des énergies renouvelables, qui est pour l’instant à seulement 2%.
Keita quant à lui, se sent délaissé par son gouvernement, il n’a plus confiance en son pays. Pour lui le Japon est « entièrement dépendant des Etats Unis », il a l’impression que son pays n’est absolument pas autonome et qu’il ne le deviendra jamais tant qu’il gardera les relations actuelles avec les Etats Unis. Il est très pessimiste sur l’avenir de son pays, il sait que les problèmes, notamment de santé lié aux retombés radioactives ne font que commencer et ne souhaite plus y retourner. « Je ne retournerai plus jamais vivre au Japon » nous avoue t-il le regard plein d’émotion. « Je souhaite pour l’instant voyager à travers le monde, avant de trouver un endroit où m’installer durablement. ».
Solutions pour remplacer le nucléaire au Japon ?
Les recherches se sont donc développer et certains scientifiques Japonais parlent de récupérer l’énergie solaire dans l’espace. Le concept d’énergie solaire spatiale consiste à collecter les rayons du Soleil grâce à de grands réflecteurs placés en orbite géostationnaire puis d’envoyer cette énergie sous forme de micro-ondes ou de rayon laser jusqu’à des installations au sol où elle est utilisée pour produire de l’électricité ou de l’hydrogène. Cela pourrait devenir une des principale ressources d’énergie d’ici une vingtaine d’année.

Energie solaire spaciale
Et l’Australie dans tout ça ?
L’Australie, malgré la quantité d’uranium présente sur ses terres ne produit pas d’énergie nucléaire, et le premier ministre, Mme Julia Gillard, a rappelé quelques jours après la catastrophe de Fukushima, que l’Australie n’avait pas besoin du nucléaire, sachant que le pays a un énorme potentiel de sources d’énergie alternative. Mais les mines d’uranium posent problème, l’Australie assure environ 24% de la production mondial d’uranium et possède plus du tiers des réserves mondiales connues de minerai, connaissant la rareté de celui-ci, elle suscite l’intérêt de nombreux pays, et les accords se multiplient. Mais une grande partie des réserves se trouvent sur le territoire aborigène et le gouvernement n’y a donc pas accès. C’est là encore un enjeux politique très controversé.








Très intéressant tout ça, pour ce qui est des alternatives d’utiliser des panneaux solaire dans l’espace suscite beaucoup de recherches, même la possibilité d’implanter des centrales sur la lune. Mais un hic subsiste, c’est le retour de l’énergie sur la terre. En effet comme ceci est très bien expliqué, il y aurait deux possibilité envisagé par micro-ondes ou pas laser. Pour ce qui est du des micro-ondes il y aurait beaucoup de perte (de l’ordre de 30% si mes souvenir sont bon) mais surtout cela augmenterais considérablement le phénomène de réchauffement de l’atmosphère terrestre. Quand aux rayons laser il me semble que la perte serais beaucoup moindre, mais le système n’est pas encore mise au point.
Article très intéressant car TF1 (ou les autres) ne donne pas cette vision des choses qui pour moi plus intéressante à savoir. Et aussi et surtout le faite que l’on en entend presque plus parler, à croire que l’incident est terminé et que tout est rentré dans l’ordre…
Yo Paulo et John ! Vraiment cool vos articles, ils sont bien écrits! Ca serait cool d’enregistrer vos entretiens et de les poster sur le blog comme annexe après les avoir retranscrits. Comme ca on pourrait lire l’intégralité de l’interview !
A bientot !