HelpX (première partie): La découverte d’un nouveau mode de vie avec Paul et Anne

Publié par Jonathan le 6 fév 2012 dans Australie, Journal de bord |

Projet Oz Green_Voyage en Australie_ Communuaté Goolawah

Si l’aventure Oz Green est avant tout une expérience humaine et un appel à voyager différemment; elle est aussi paradoxalement, nous n'avions jusqu’à présent pas suffisamment côtoyé d’australiens, de personnes qui pourrais nous parler de leur vie, de leur ressentit, de se qu’ils pensent de leur pays. Pour s’imprégner de la culture australienne, la seule et unique solution est de les côtoyer en permanence en vivant auprès d'eux.

A l’aide du site internet d’Help Exchange, concept que nous avons déjà eu l'occasion de vous décrire précédemment, nous avons pris contact avec Paul et Anne, un couple australien désireux d’obtenir de l’aide pour mettre en place un grillage autour de leur jardin botanique en échange du repas et du logis. Comme prévu lors de l’achat du van, nous désirions voyager avec du monde, c’est pourquoi nous sommes à se moment là accompagnés de Tanguy et de Hanna, des amies que nous avons rencontrés sur Coffs Harbour.

Goolawah et la notion de « Communauté » en Australie

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ la communauté Goolawah
Soirée pizza dans les espaces communs de la communauté Goolawah

Juridiquement parlant, une communauté est une propriété privée sous forme de coopérative dans laquelle des gens achètent des parcelles de terrain. En réalité nous apprendrons très vite que la notion de communauté inclue de nombreux autres aspects basés avant tout sur les relations humaines, sur un mode de vie unique et sur l’échange…

Paul et Anne ont intégrés la communauté après des années de vie citadine: le premier à Sydney, la seconde à Melbourne. « A Sydney, on ne vit que pour l’argent, on vit pour travailler alors qu’on devrait travailler pour vivre » nous dit Paul avant d’ajouter «  je me contente de travailler pour vivre, je trouve donc beaucoup de temps pour faire de nombreuses autres activités »

L’avantage d’une semaine en Help X est de pouvoir combiner rentabilité financière, échange avec une population nouvelle et découverte de la culture locale. C'est pourquoi nous avons pris contact avec le couple.

« L’avantage de vivre au sein d’une communauté est de permettre une ouverture d’esprit et un échange permanent entre voisin. » nous dis Anne, «  Mais cela implique automatiquement des côtés néfastes, simplement car il faut réussir à s’entendre avec tous ses voisins et ce n’est pas forcément le cas. »

La vie chez Paul et Anne

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Cuisine
Nous en profitons pour faire découvrir la cuisine française à nos hôtes

Nos deux hôtes font partis des pionniers de la communauté Goolawah. Si la plupart des maisons de la communauté sont en matériaux de récupération ( tôle essentiellement), Paul et Anne viennent de finir de bâtir par eux même leur maison. Faites à l’aide d’une brique légère, elle combine éco-conception et excellente isolation thermique. Les nombreux modules photovoltaïques, installés par Anne, permettent une indépendance énergétique totale. Les batteries permettent d’utiliser l’installation non raccordé au réseau à condition bien sûr d’utiliser l’énergie de façon raisonné. C’est là un élément essentielle pour le couple avec lesquels j’ai eu à nouveau l’occasion de parler de sobriété énergétique. « C’est bien beau de parler d’énergie renouvelable » nous dit Anne, «  mais l’important c’est de changer nos comportement pour utiliser le moins d’énergie possible. » Épatés par tant d’éco-responsabilité, Paul minimise nos propos en affirmant, qu’au final, il vit dans le confort, qu’il possède des ordinateurs, un écrans plat et un ampli de bonne qualité. Il admet donc être quelqu’un de relativement conscient des enjeux environnementaux sans être non plus irréprochable ni moralisateur. C’était là l’une des principale qualité de ce couple: conscient qu’il est nécessaire de faire son maximum pour préserver notre environnement, tout en admettant que nous avons besoin d’argent, d’un toit et d'électricité.

Nous, candides que nous sommes comparons facilement le principe de communauté à la culture hippie. Mais Paul se dit très loin des hippies qu’il n ‘hésite d’ailleurs pas à critiquer ouvertement, les considérant comme peu travailleur, réactionnaires sans pour autant faire réellement bouger les choses.

HelpX, un concept davantage basé sur l’échange que sur le travail

Help X est une plate-forme internet qui permet la mise en relation entre des propriétaires et des voyageurs de passage. Le « Helper » propose ses services au « Hoster » en échange du logis et de la nourriture. Nous réalisons rapidement que le Help X, c’est au final bien plus que ça…

Nous apprenons très vite à appréhender les tâches que nous propose le couple davantage comme une aide courtoise et sympathique qu’ un travail rémunéré en nature. Oubliant rapidement que nous faisons cela pour économiser de l’argent, la notion de travail perd très rapidement tout son sens. Si bien que le véritable échange dans ce concept n’en devient que humain.

Le principal travail auquel nous conviait chaque matin Paul consistait à élaborer un grillage au dessus de son jardin afin d’en empêcher l’accès aux oiseaux, iguanes et autres animaux peu dociles avec les animaux de compagnies. Régulièrement, Paul perd lapins, cochons d’indes et canards. Il a ensuite fallu y ajouter une couche en plastique sur le quart de jardin afin d’assurer un effet de serre et une protection contre la pluie.

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Travail dans la communauté
Journée de travail classique encadré par Paul

Une semaine aussi sous le signe de la découverte et de la détente

Preuve de leur attachement à ne pas uniquement profiter d’une main d’œuvre peu coûteuse, Paul et Anne nous ont donné rendez-vous dans un camping où ils comptaient passer le week end. Certains de leurs amis y faisait une représentation avec leur groupe de musique. Nous retrouvons donc Anne et Paul au milieu de nulle part (difficilement mais surement), sur la côte est de l’Australie à une petite vingtaine de kilomètres de Cressend Head. Le trajet intégrait de nombreuses pistes à la limite du praticable pour notre bon vieux van. Ayant annoncé notre arrivé dans le courant de l'après midi, nous arrivons de nuit. Le lendemain matin, nous découvrons enfin la beauté des lieux et réalisons à quel point il est plus intéressant de suivre les conseils d’australiens que ceux des guides touristiques habituels où ceux de Backpackers rencontrés sur la route. Pour preuve, nous réalisons vite être les seuls étrangers du camping, à croire que les australiens souhaitent protéger une partie de leur littoral du tourisme de masse. Nous ressentons vite une sensation de privilège incroyable.

Voyage en Australie_ Projet Oz green_HelpX_camping à Point Plomer_Cressent Head
Point Plomer: un camping paradisiaque à l'abris du tourisme de masse

Nous regagnons ensuite la demeure du couple dans la communauté à une cinquantaine de bornes du campings (voir plus haut), pas question de commencer le travail , on nous propose rapidement de partir pour une randonnée en kayak avec bivouac dans les bois. Malgré le mauvais temps, l’expédition est appréciée de tous et nous apprenons à connaître les quelques jeunes de la communauté. La randonnée est toute particulière car elle nous en apprend encore de nouveau sur des phénomènes naturelles que nous ne connaissions pas. Plus qu'une simple rivière, l'eau de celle-ci était en fait salée. Ce qui était particulièrement épatant était que, comme les océans, la rivière était sensible aux marrées. De fait, il était nécessaire de prévoir les horaires des marées car le courant changer régulièrement de sens. On a donc pu faire l'aller et le retour sur la rivière, le courant changeant de sens quotidiennement.

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Randonné sur une rivière d'eau salée avec notre canoë surchargé
Voyage en Australie_ Projet Oz green_HelpX_Bivouac kayak
Notre bivouac lors de notre randonnée en kayak
Voyage en Australie_ Projet Oz green_HelpX_Bivouac kayak_feu
Malgré le mauvais temps, nous avons pu nous réchauffer auprès du feu

Les différentes après midi passé au sein de la communauté nous permettais de profiter de petites randonnées avec les enfants de la communauté (pied nu dans les marécages, ce qui n’est pas toujours rassurant, d’autant plus quand on croise un Brown Snake à quelques dizaines de centimètres de nos orteils)

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ randonnée
Des randonnées dans des marécages parfois peu rassurantes
Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Habitants de la communauté
Des moments passés avec des gens de tout âge

Cette randonnée est d’une part l’occasion de faire connaissance avec des personnes de tout âge, chose rare depuis le début du voyage, mais c’est surtout l’occasion d’analyser les spécificités des enfants originaires d’une communauté. Anne nous explique: « Ces enfants sont dans l’ensemble habitué très tôt à être très autonome, ils peuvent se promener dans la communauté sans crainte. Il sont donc de nature très costaux pour leur âge et dotés d’une intelligence particulière. » Les petits voisins venait régulièrement seul à la maison, en annonçant « Maman a dit que je devais revenir dans une demi heure » Haut de ses quatre années d ‘existence, Kalix avait d’ores et déjà la notion du temps. Il n’hésitait pas à emprunter nos appareils photos afin de prendre de très belle photos.

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ les enfants de la communauté
Kalix, un enfant de la communauté était déjà d'une autonomie remarquable

La cohabitation avec la faune sauvage: Sangsues, moustiques, araignées, python, iguanes… et Mister Grumble

Paradoxalement, et parce qu’il ne faut pas trop en demander non plus, les plus beaux lieux où on a eu l’occasion de séjourner ont le défaut d’attirer quelques visiteurs peu sympathiques…

Ennemis numéro 1: Mosquitos!!!!!

19h30 devient rapidement l’heure programmée et quotidienne des hostilités. Nous avions  prévu notre bonne citronnelle Made In France, mais autant dire que les moustiques locaux en rient encore et se font passer le mot. Il faut savoir qu’un moustique australien peut facilement vous piquer par dessus les vêtement et que ses piqures peuvent vous gratter un long moment. De nombreuses cicatrices de   « grattages » intempestifs peuvent d’ores et déjà être visibles sur certains d’entre nous… la guerre ne fait malheureusement que commencer. Tel un mauvais film de science fiction, les combats sont scrupuleusement planifiées chaque jours. La plus difficile à remporter: 5heure du matin, nous avons énormément perdu, au bord de la crise de nerf…

Ennemis numéro 2:  » Leechs!!! « 

Rien que ce mot effraie parfois. Bien qu' inoffensives d'un point de vu sanitaire, les sangsues en Australie sont très gourmandes de sang humain. Ces dernières représentent une logistique de tout instant, surtout lors de randonnées en milieu humide. L’inspection des mollets, chevilles et chaussures sont donc devenus routiniers. Jamais bien agréable de s’enlever une sangsues qui a profondément pénétrer son museau sous notre peau. Heureusement, Paul a une encore une nouvelle astuce infaible: le produit vaisselle. Une goutte sur l’animal et celui se résilie à abandonner son festin…

Ennemis numéro 3: Mr Grumble

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Kangourou Mr Grumble
Mr Grumble, le kangourou grincheux de la communauté

Mister Grumble n’est pas un personnage comme les autres… il mesure environ 1m70 pour un peu moins de 100 kilos. Il vit dans la communauté paisiblement depuis de longues années. Il aime la solitude, l’herbe fraiche et passer du temps à l’ombre des eucalyptus. Mais Mr Grumble déteste vraiment être dérangé!! C’est notre ami Tanguy qui en a malheureusement fait les frais le premier; Alors qu’il sortait tranquillement de la douche extérieure, ce dernier a eu à première vu l’agréable surprise de croiser ce grand kangourou. Ayant appris avec le temps à ne pas en être effrayé, Tanguy se décide à rejoindre sa chambre après avoir admiré rapidement l’animal. L’ennui c’est que celui-ci ne le voit pas du même œil … Malgré quelques menaces verbales, Mr Grumble a finit par laisser notre ami aller enfiler un caleçon. Anne ne fut qu’à moitié surprise par l’événement, «  J’aime qu’il sache que je suis aussi chez moi donc je lui tient tête et il en a pris l’habitude, par contre s’il ne vous connait pas, passez votre route sans le dérangé »… on y comptait pas forcément finalement…

Ennemis numéro 4:  » Spiders »

Ayant affronté notre guerre contre les moustiques quotidienne, on s’enferme dans notre van en espérant être à l’abris. Quelques échanges et fou rires plus tard, notre bon humeur a rapidement était coupé par une visite inattendue. De ses dix centimètres de diamètres, une petite tarentules se promenait tranquillement sur tous les côtés du van, sans doute intrigués par la lumière de nos lampes frontales. Simplement surpris dans un premier temps, il s’avère rapidement que l’animal a huit pattes prenait un malin plaisir à disparaitre… puis à réapparaitre. Vite, s’isoler au plus possible dans le van, fermer tout se qui est possible de fermer. Alors que l’angoisse s’éloignait, l’araignée refaisait son apparition. Le temps passe et il serait temps d’aller se coucher, mais tout le monde refuse que Tanguy quitte le van pour rejoindre sa chambre, même un petit espace dans la fenêtre permettant de faire passer un fil électrique jusqu’à la borne a été calfeutré avec des vieux journaux… Bien que toujours conscient de sa présence, il était temps de prendre une décision et Tanguy partit en courant jusqu’à sa chambre. Dernière vérification paranoïaque de nos duvet, et nous avons pu nous endormir sereinement.. Ou presque.

Bien d'autres espèces peu communes à notre quotidien français

Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Iguane
Un iguane rodait dans la communauté à la quêtes d'oeufs du poulailler
Voyage en Australie_Projet Oz Green_Help X_ Python
Un python avait trouvé un excellent lieu de vie dans le jardin
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1 commentaire

Errecart
9 fév 2012 à 0 h 37 min

Pas mal du tout ce petit article ! Hormis le fait que vous n’avez pas le droit d’avoir peur des araignées comme ça …
Bises et bonne continuation.


 

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